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En route vers l’ISS

Depuis son lancement le 30 juillet dernier, l’ATV a déjà complété une centaine de révolutions autour de la Terre. Nous travaillons jour et nuit ici au centre de contrôle ATV de Toulouse pour préparer Georges Lemaître à son amarrage à la station, toujours prévu le 12 août.

Le centre de contrôle ATV, peu de temps avant le lancement d’ATV-5 – crédits ESA

« Quoi ? 14 jours pour aller à l’ISS ? C’est si long ? »

Oui 14 jours, mais dans l’Espace on ne voyage pas en ligne droite… L’ISS a beau être à seulement 415 km au-dessus de nos têtes, elle voyage à une vitesse relative d’environ 28000 km/h. Imaginez monter dans un train en marche. Quelle sera votre méthode ? Foncer droit dessus, perpendiculairement au wagon pour parcourir la distance la plus courte possible (et donc tenter le carreau sur place), ou courir le long des voies pour sauter à bord ? La problématique est sensiblement la même pour ATV. Arriver au bon endroit, c’est bien mais c’est insuffisant : il faut y arriver avec la bonne vitesse. Et ça prend du temps de se placer le long de la voie !

Un train dans l’Espace (ou presque) !

De plus, passer d’une orbite à l’autre nécessite d’effectuer des manœuvres qui consomment du carburant. Et le carburant, c’est un bien précieux dans l’Espace, qu’on souhaite économiser le plus possible. Attendre les bonnes opportunités pour optimiser l’utilisation de ce carburant nous pousse à prendre notre temps.

Pendant ce temps, l’ATV doit être lui aussi préparé à son amarrage : le système de propulsion doit être purgé de tout l’hélium résiduel qui s’y trouve, la manœuvre d’évitement (qui permet à l’ATV de partir en urgence de la proximité de l’ISS en cas de problème) doit être testée, la sonde d’amarrage doit être sortie et plusieurs sous-systèmes doivent être passés au crible pour faire un état de santé du véhicule après son lancement. Bref, les équipes du centre de contrôle ne chôment pas !

Position PROTHEUS au Centre de contrôle ATV à Toulouse.
Position PROTHEUS au Centre de contrôle ATV à Toulouse.

Enfin, la contrainte la plus forte qui explique ces 14 jours de vol libre est programmatique : en effet, il n’existe que quelques fenêtres temporelles permettant à l’ATV de s’amarrer à la station ; cela ne peut pas se faire n’importe quand. De même, nous ne sommes pas le seul client d’Ariane à partir de Kourou, le planning du Centre Spatial Guyanais contraint donc également notre date de lancement. Finalement, le temps qu’on a entre les deux, c’est le temps qu’on veut bien nous laisser 🙂

 

La veillée d’armes

C’est pour chaque mission ATV le même sentiment, la veille du tir. Cette atmosphère étrange des veilles de dates importantes. Petit, c’était la veille de la rentrée des classes, la veille du départ en vacances sur la côte atlantique, la veille de Noël… Je ne sais pas si c’est un goût, une odeur, ou un autre sens qui s’éveille spécifiquement, mais à chaque fois il y a ce mélange de stress et d’excitation qu’il est très difficile de définir. Quelque chose qui se révèle lorsque l’on réalise que ce que l’on a attendu patiemment est enfin là. Le moment singulier où le présent rejoint le futur. L’équivalent sensoriel du passage du mur du son.

Ariane 5, et sa coiffe aux couleurs de la dernière mission ATV. (Credits: ESA–S. Corvaja, 2014)

Cette nuit, à 1h47 (heure en France métropolitaine) Ariane 5 arrachera à la Terre le dernier modèle d’ATV, pour une ultime mission de ravitaillement de la station spatiale internationale (live vidéo à suivre ici). Depuis hier, nous sommes passés en conditions de vol, avec des horaires aménagés pour permettre le travail de nuit. Les bureaux autour du centre de contrôle, d’habitude fourmillant de monde semblent désertés… Et pourtant tout le monde est sur le pont pour couvrir les 24 heures de chaque journée d’opérations. Dans les semaines qui viennent, nous nous croiserons parfois seulement 15 minutes par jour entre collègues, le temps de prendre la relève.

« Si tu travailles de nuit, nous c’est pareil, on va pas se voir souvent 🙁 ! »

Le centre de contrôle avant le lancement (Crédits ESA – C. Beskow 2014)

Tout est prêt au centre de contrôle. Le spectacle peut enfin commencer. Petit plaisir avant de se lancer dans cette campagne, Pascal, Lauriane et moi sommes au Classroom. C’est mon adresse préférée pour manger un hamburger sur Toulouse. Demain matin, Pascal et moi relèverons ensemble l’équipe LEOP, qui effectue les premières opérations sur l’ATV : mise en pression du système de propulsion, déploiement des panneaux solaires entre autres. Nous aurons de notre côté à effectuer les deux premières manœuvres d’élévation de l’orbite et la purge en hélium du système de propulsion.

Cette fois ci donc, la sensation de la veillée d’armes aura un goût. Celui de mon burger. Et j’adore ça.

Civilization prend de la hauteur

Cette semaine a été annoncé la sortie à l’automne prochain de Civilization: Beyond Earth. Cet opus fait suite aux précédents volets de la saga Civilization, une des plus connues de l’univers du jeu vidéo de stratégie tour-par-tour.

www.civilization.com

Cette annonce a été assortie de la publication d’un trailer en plusieures langues, dont voici la version française :

Premier aperçcu disponible sur le site de l’éditeur.

Même s’il faudra attendre un peu pour juger de la qualité de ce que 2K games et Firaxis nous préparent, je ne peux que me réjouir de cette annonce. Et ce à double titre :  Premièrement, ça parle d’exploration planétaire et donc d’espace. Ensuite, c’est un jeu de plus dans une saga que j’adore. Civilization, c’est intelligent et fun.

« Tu dis ça baby, mais à chaque fois que tu commences une partie, tu traites tes bonhommes de glandus au bout de 15 minutes ! »

Oui. Bon. Bin j’ai dit que j’aimais ces jeux, pas que j’y jouais super bien, non ?

Sinon, chose amusante, on se rend compte que la licence du jeu utilise l’imagerie spatiale pour faire sa promotion, et notamment le look de la cupola, ce module d’observation de la station spatiale internationale :

Comparaison entre le visuel du jeu et la vraie Cupola montée sur ISS
Comparaison entre le visuel du jeu et la vraie Cupola montée sur ISS

Ainsi, cet élément construit par Thales Alenia Space pour le compte de l’ESA devient un symbole du vol habité dans la pop culture contemporaine. Je trouve ça plutôt classe, une belle réussite pour l’Europe.

La suite à l’automne prochain !