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Skyfall

Ainsi c’est fini… C’est même déjà fini depuis plus d’un mois, mais je n’avais pas pris le temps de venir écrire une ligne ici pour relater les derniers instants du programme ATV auquel j’aurais consacré plus de 4 ans d’activité professionnelle. Regardez ce bel hommage à notre épopée.

Si je n’ai pas écrit depuis longtemps, c’est que c’est une période extrêmement difficile pour moi. La fin d’un tel projet, le départ de toutes ces figures familières qui peuplaient mes journées et mes nuits me touche, me déracine. Il ne reste que l’impression d’être terriblement seul… Comme à la dérive dans l’Espace.

Il me reste des images émouvantes de ce dernier « shift » en console, avec mes camarades de l’équipe « Reentry ». Ces derniers instants ou le signal de l’ATV se fait de plus en plus faible et entrecoupé, perturbé par les hautes couches de l’atmosphère. Puis la dernière trame de mesure reçue, les annonces, les applaudissements, les gens qui se prennent dans les bras et les larmes qui coulent. Quelle atmosphère incroyable de fin du monde de voir les antagonismes s’achever dans une accolade sincère ou de voir ces gros durs à la réputation d’intraitables avoir l’oeil humide… J’en ai la gorge serrée pour quelques années sans doute encore.

Moi et mon fidèle cochon, qui m'a suivi dans toutes mes opérations depuis le début de ma carrière
Moi et mon fidèle cochon, qui m’a suivi dans toutes mes opérations depuis le début de ma carrière
Le centre contrôle ATV c'était des équipes venues de tous les pays et de toutes les sociétés.
Le centre contrôle ATV c’était des équipes venues de tous les pays et de toutes les sociétés.
Le centre de contrôle ATV au lendemain de la reentrée, déjà hanté par ses fantômes
Le centre de contrôle ATV au lendemain de la reentrée, déjà hanté par ses fantômes

J’ai conscience de la chance que j’ai eu de pouvoir contribuer à un programme pareil. Je souhaite à chacun cultivant la passion de l’Espace de vivre une expérience similaire dans sa vie, de connaitre un environnement aussi envoutant que celui du centre de contrôle ATV et d’appartenir à une équipe aussi soudée que nous l’étions. Car cette équipe du centre de contrôle ATV, je l’ai aimée de tout mon coeur.

ATV <3 Forever

L'équipe des ingénieurs bord véhicule rendent hommage à l'expédition 45 pour une dernière photo de groupe
L’équipe des ingénieurs bord véhicule rendent hommage à l’expédition 45 pour une dernière photo de groupe

 

Vehicle Team

Voilà un petit moment maintenant que je n’ai pas posté sur la mission ATV en cours ! Sur le blog du CNES, vous pouvez découvrir les différentes équipes qui travaillent dans le centre de contrôle ATV. Du coup, j’ai décidé de vous faire rentrer au cœur de celle à laquelle j’appartiens : la Vehicle Engineering Team, soit l’équipe des ingénieurs bord.

L’équipe véhicule en console !

Le travail des ingénieurs bord est de commander l’ATV grâce à des procédures préparées par leur soin à l’avance, de surveiller que tous les sous-systèmes du vaisseau répondent bien à ces commandes et que leurs paramètres mesurés à bord restent à des valeurs attendues.

Pour commander l’ATV, nous envoyons des séries de télécommandes, qui sont des messages très courts comprenant une action (par exemple : éteindre un néon en cabine) et un ou plusieurs paramètres (par exemple : le neon n°2). Côté retour, on reçoit ce que l’on appelle des télémesures. Ce sont des mesures de température, de pression, de tension électrique, et c. et des status matériels ou logiciels (tel équipement est allumé ou éteint, l’alimentation se fait sur batteries ou par les panneaux solaires, et c.) qui sont regroupés par l’ordinateur de bord et transmises au centre de contrôle, via des satellites géostationnaires. Lorsqu’un de ces paramètres n’a pas la valeur attendue, il apparait en rouge et lève une alarme dont la résolution est à notre charge.

Pour mener à bien ces tâches, l’équipe a été répartie sur plusieurs positions que je vais vous décrire.

ISISLa position ISIS est tenue par des ingénieurs capables d’opérer le très complexe système d’amarrage russe, ainsi que tous les systèmes d’interface entre l’ATV et la station spatiale. Ils ont également la charge de suivre tous les sujets touchant au systèmes d’habitabilité de l’ATV (lumière, ventilation, détection de feu… etc). En phase attachée, il suivent les opérations de transfert d’eau et les pressurisations de l’ISS par l’air embarqué des les réservoirs de l’ATV.

POLAR

Les ingénieurs de la position POLAR sont des spécialistes du système de contrôle d’attitude qui permet à l’ordinateur de bord de savoir à tout moment quelle est l’orientation de l’ATV dans l’espace et quelles sont les commandes de mise à feu des propulseurs qui permettent de contrôler cette orientation. Leur rôle est particulièrement crucial lors des manœuvres de changement d’orbite, mais également pendant le rendez-vous avec la station, un phase durant laquelle il ont la charge du système assurant la sûreté du vol de proximité.

SPACOMLes SPACOMs (Spacecraft Commander) sont nombreux dans l’équipe véhicule pour une bonne raison : ils tournent au trois-huit, 24/24, 7/7 pendant les 6 mois de la mission. Ils connaissent toutes les tâches de routine par cœur et sont des spécialistes de l’utilisation du centre de contrôle. Eux seuls sont habilités à envoyer des télécommandes au véhicule, sous la supervision du SOM.

SOMEn plus de son rôle de coordinateur au sein de l’équipe, le Spacecraft Operations Manager est le point de contact de l’équipe vehicule pour toutes les autres équipes. Il agit à ce titre en tant que véritable aiguilleur des tâches et assurant l’ordonnancement des activités. Il est également en charge de l’application de politiques de surveillance des paramètres, modifiant ainsi le type de paramètres surveillé et les seuils de déclenchement d’alarmes au fil de la mission.

CODALes CODAs sont spécialistes de l’ordinateur bord, des ses zones mémoire, des bus de données qui lui permettent d’échanger des données avec les autres instruments, et de l’état de configuration du véhicule. Ils ont également la charge des systèmes de communications, et des émetteurs/récepteurs de proximité. C’est logiquement une des positions requises pour la quasi-totalité des opérations au centre de contrôle.

PROTHEUSLes PROTHEUS s’occupent d’un triplet de sous-systèmes interdépendants : La propulsion, le contrôle thermique et la génération et distribution de la puissance électrique à bord. En marge de ce cœur de métier, ils sont amenés à gérer l’équilibrage des masses à bord et à gérer les échanges de fichiers liés à la réalisation d’une ré-hausse de l’ISS en phase attachée.

 

En plus de ces positions, il existe également deux fonctions, occupées par des spécialistes déjà affectés à une des positions décrites ci-dessus (une sorte de cumul des mandats 🙂 ). Le SOF (Spacecraft Officer) est un ingénieur bord spécialiste d’une phase qui vient assister le SPACOM et le SOM ponctuellement. les GDOs (Ground Database Officer) n’ont pas de fonction opérationnelle en centre de contrôle mais ils ont la lourde tâche de gérer la grande quantité de procédures, d’outils, de fichiers de configuration, bref tout le matériel opérationnel maintenu au sein de l’équipe.

Une équipe qui ne manque donc jamais de travail mais qui sait aussi se détendre, notamment avec ce petit détournement des armoiries d’une célèbre saga fantastique…

Un peu d'auto-dérision ne peut pas faire de mal !
Un peu d’auto-dérision ne peut pas faire de mal !

Et vous, quel ingénieur bord véhicule auriez-vous été ?

Travaux manuels

Je vous propose de quoi occuper vos enfants, neveux, nièces et autres progénitures familiales avec un peu de colle et pas mal de rêve.

« Ouaiiiiiis moi aussi je veux ! »

C’est Laura qui a eu une bonne idée, pour la communication autour du projet ATV : mettre en scène un tutorial pour réaliser une maquette imaginée par Planète Sciences. Comme ça traine un peu partout sur twitter, sur le site du CNES, et cetera, je me suis dit qu’il fallait la mettre ici aussi, pour la postérité 🙂

En tournant ce clip, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à l’excellent Jérôme Niel et ses tutos qui avaient marqué (c’est le moins qu’on puisse dire) le petit écran l’an dernier. Ca a été assez difficile de ne pas partir sur les mêmes intonations que lui !

Bref, une petite maquette qui occupera les enfants et les grands quand il pleuvra dehors à la Toussaint. Et un tonton qui fabrique des véhicules spatiaux, quand même, ça pète.

[EDIT : le site du CNES a changé, vous pouvez retrouver l’ancien article ici. Et comme on sait jamais de quoi demain sera fait, vous pouvez également trouver les textures ici : ATV_bodyATV_SA ]

Cinquième étoile

Ça y est ! George Lemaître, cinquième ATV, est amarré à la station spatiale internationale depuis le 12 août. Il restera ainsi, uni à Zvezda (le module russe à l’arrière de la station) pendant 6 mois environ.

ATV-5 lors de son approche finale – crédits photo NASA

Tout le monde au CNES s’accorde pour dire qu’on a jamais vu un rendezvous / amarrage aussi calme et aussi nominal. C’est dans une atmosphère très sereine que les équipes du centre de contrôle ATV à Toulouse ont amarré à l’heure pile et avec une précision millimétrique le module de ravitaillement européen.

Une journée bien longue pour moi, puisque j’ai pris position en console vers 6h du matin et jusqu’à 14h, avant de passer la main et d’assister à l’amarrage en tant que spectateur. J’ai adoré cet enchainement sur chaque mission. travail, spectacle,… cocktail !

L’équipe rendezvous au complet ! – Crédits photo Pascal Franchi

Et maintenant s’ouvre la période de « phase attachée » pendant laquelle le centre de controle ATV va être sollicité à de multiples reprises. Parmi ce qui est prévu, on trouve du réhaussement d’orbite, du controle d’attitude pour la station, des livraison d’air, d’eau, de carburant et du transfert de cargo.

Ma prochaine contribution sera demain, dimanche, pour la fermeture de l’écoutille de l’ATV.

« Hein, quoi ? Mais ils viennent pas juste de l’ouvrir ? »

Oui, mais lundi, une sortie dans l’Espace est prévue pour les astronautes russes, et les procédures de sécurité héritées de Mir pour ces sorties extra-véhiculaires requièrent la fermeture des écoutilles des vaisseaux visiteurs. Elle sera réouverte plus tard dans la semaine. J’essaierai de vous twitter quelques news si possible !

En route vers l’ISS

Depuis son lancement le 30 juillet dernier, l’ATV a déjà complété une centaine de révolutions autour de la Terre. Nous travaillons jour et nuit ici au centre de contrôle ATV de Toulouse pour préparer Georges Lemaître à son amarrage à la station, toujours prévu le 12 août.

Le centre de contrôle ATV, peu de temps avant le lancement d’ATV-5 – crédits ESA

« Quoi ? 14 jours pour aller à l’ISS ? C’est si long ? »

Oui 14 jours, mais dans l’Espace on ne voyage pas en ligne droite… L’ISS a beau être à seulement 415 km au-dessus de nos têtes, elle voyage à une vitesse relative d’environ 28000 km/h. Imaginez monter dans un train en marche. Quelle sera votre méthode ? Foncer droit dessus, perpendiculairement au wagon pour parcourir la distance la plus courte possible (et donc tenter le carreau sur place), ou courir le long des voies pour sauter à bord ? La problématique est sensiblement la même pour ATV. Arriver au bon endroit, c’est bien mais c’est insuffisant : il faut y arriver avec la bonne vitesse. Et ça prend du temps de se placer le long de la voie !

Un train dans l’Espace (ou presque) !

De plus, passer d’une orbite à l’autre nécessite d’effectuer des manœuvres qui consomment du carburant. Et le carburant, c’est un bien précieux dans l’Espace, qu’on souhaite économiser le plus possible. Attendre les bonnes opportunités pour optimiser l’utilisation de ce carburant nous pousse à prendre notre temps.

Pendant ce temps, l’ATV doit être lui aussi préparé à son amarrage : le système de propulsion doit être purgé de tout l’hélium résiduel qui s’y trouve, la manœuvre d’évitement (qui permet à l’ATV de partir en urgence de la proximité de l’ISS en cas de problème) doit être testée, la sonde d’amarrage doit être sortie et plusieurs sous-systèmes doivent être passés au crible pour faire un état de santé du véhicule après son lancement. Bref, les équipes du centre de contrôle ne chôment pas !

Position PROTHEUS au Centre de contrôle ATV à Toulouse.
Position PROTHEUS au Centre de contrôle ATV à Toulouse.

Enfin, la contrainte la plus forte qui explique ces 14 jours de vol libre est programmatique : en effet, il n’existe que quelques fenêtres temporelles permettant à l’ATV de s’amarrer à la station ; cela ne peut pas se faire n’importe quand. De même, nous ne sommes pas le seul client d’Ariane à partir de Kourou, le planning du Centre Spatial Guyanais contraint donc également notre date de lancement. Finalement, le temps qu’on a entre les deux, c’est le temps qu’on veut bien nous laisser 🙂

 

La veillée d’armes

C’est pour chaque mission ATV le même sentiment, la veille du tir. Cette atmosphère étrange des veilles de dates importantes. Petit, c’était la veille de la rentrée des classes, la veille du départ en vacances sur la côte atlantique, la veille de Noël… Je ne sais pas si c’est un goût, une odeur, ou un autre sens qui s’éveille spécifiquement, mais à chaque fois il y a ce mélange de stress et d’excitation qu’il est très difficile de définir. Quelque chose qui se révèle lorsque l’on réalise que ce que l’on a attendu patiemment est enfin là. Le moment singulier où le présent rejoint le futur. L’équivalent sensoriel du passage du mur du son.

Ariane 5, et sa coiffe aux couleurs de la dernière mission ATV. (Credits: ESA–S. Corvaja, 2014)

Cette nuit, à 1h47 (heure en France métropolitaine) Ariane 5 arrachera à la Terre le dernier modèle d’ATV, pour une ultime mission de ravitaillement de la station spatiale internationale (live vidéo à suivre ici). Depuis hier, nous sommes passés en conditions de vol, avec des horaires aménagés pour permettre le travail de nuit. Les bureaux autour du centre de contrôle, d’habitude fourmillant de monde semblent désertés… Et pourtant tout le monde est sur le pont pour couvrir les 24 heures de chaque journée d’opérations. Dans les semaines qui viennent, nous nous croiserons parfois seulement 15 minutes par jour entre collègues, le temps de prendre la relève.

« Si tu travailles de nuit, nous c’est pareil, on va pas se voir souvent 🙁 ! »

Le centre de contrôle avant le lancement (Crédits ESA – C. Beskow 2014)

Tout est prêt au centre de contrôle. Le spectacle peut enfin commencer. Petit plaisir avant de se lancer dans cette campagne, Pascal, Lauriane et moi sommes au Classroom. C’est mon adresse préférée pour manger un hamburger sur Toulouse. Demain matin, Pascal et moi relèverons ensemble l’équipe LEOP, qui effectue les premières opérations sur l’ATV : mise en pression du système de propulsion, déploiement des panneaux solaires entre autres. Nous aurons de notre côté à effectuer les deux premières manœuvres d’élévation de l’orbite et la purge en hélium du système de propulsion.

Cette fois ci donc, la sensation de la veillée d’armes aura un goût. Celui de mon burger. Et j’adore ça.

L’argent de l’Espace

Quand on travaille dans l’industrie spatiale, et qu’on vient à parler de ce que l’on fait dans la vie, on tombe de temps en temps sur un gentil troll, qui explique qu‘avec tout l’argent qu’on met dans l’Espace, on pourrait régler nos problèmes sur Terre, hein, à commencer par les problèmes de famine dans le monde. Je vous propose donc un petit argumentaire chiffré que je me fais un plaisir de ressortir à chaque fois que le besoin s’en fait sentir, quitte à péter un peu l’ambiance en soirée.

money

En tant que citoyen français, on ne peut pas trop décider du budget de la NASA ou des agences spatiales russe et chinoise. Limiter le chiffrage au cas français semble donc raisonnable (et on obtient sensiblement les mêmes résultats quoi qu’il en soit). Le budget du CNES en 2012 s’est élevé à 1911 M€, dont 1466 provenant du financement de l’État français et 445 provenant de contrats externes. Je vous le fais au total à environ 2 milliards d’euros. Pour comparaison, le budget de la NASA la même année a tourné autour de 19 milliards de dollars. Et vous n’êtes pas sans savoir que le budget de la NASA n’est pas le seul consacré à l’Espace aux Etats-Unis, puisque l’US Air Force y consacre de son côté 6 petits milliards… officiellement. Mais à la limite, tout ça on s’en fout, c’est pour notre culture.

Revenons à nos 2 milliards d’euros bien français consacrés à l’Espace. Ce qui devient très intéressant, c’est lorsqu’on compare cette somme « astronomique » aux dépenses des français la même année. L’INSEE produit de jolis tableaux bien rigolos qui permettent de mettre en rapport ce que sont 2 milliards d’euros dans le monde d’aujourd’hui.

La bière est à l’honneur cher lecteur ! En effet d’après l’INSEE, les français ont dépensé en 2012 1943 M€ en bières… soit sensiblement la même somme que celle consacrée au programme spatial français, contribution à l’ESA incluse. Santé !
Donc finalement, faire une croix sur la bière a le même poids que couper purement et simplement les vivres au spatial. L’économie réalisée est la même ! Et ne me dites pas (à moins de ne pas payer d’impôt) que la comparaison ne tient pas car l’argent public ne viendrait pas de votre poche.

Vas-y pour la boire avec ton casque, maintenant, gros malin !
Vas-y pour la boire avec ton casque, maintenant, gros malin !

Encore mieux : rangez vos jetons, tapis vert et autres lotos et vous économisez près de 9 milliards d’euros, soit 4,5 fois le budget annuel du CNES. La cigarette ? 19 milliards, soit près de 10 fois le pécule orbital !

Mais… attendez… le problème c’était la faim dans le monde, non ? Filons directement au rayon alimentation ! On peut s’amuser d’abord du montant de la ligne  « Sucre, confiture, miel, chocolat et confiseries », affichant fièrement 12 milliards d’euros, soit 6 fois notre somme de référence. Mais passons plutôt directement au total, hors boisson de la catégorie alimentation : 142 milliards d’euros. Le budget du CNES représente 1,4% de cette somme.

Toutes, proportions gardées, si le budget du CNES est représenté par la distance Soleil-Mercure, alors le reste de la distance jusqu'à Neptune correspond aux dépenses des français en denrées alimentaires.
Toutes, proportions gardées, si le budget du CNES est représenté par la distance Soleil-Mercure, alors le reste de la distance jusqu’à Neptune correspond aux dépenses des français en denrées alimentaires.

Mais j’ai encore mieux, et ça marche d’autant plus que la personne qui vous trolle possède un animal domestique. Le budget chien & chats ! Avec 7 milliards d’euros, je vous fait la totale, acquisition du toutou, services vétérinaires, alimentation, accessoires. 3,5 fois le budget du CNES. Pour nourrir et soigner des chats. Et on vient me parler de faim dans le monde…

« Oui, euh, baby tu déconnes hein. Nous aussi on a un chat et je crois pas qu’on soit des criminels ! »

Non, en effet, et ce n’est pas mon propos. Au travers de cette mise en perspective, volontairement provocatrice, je veux simplement montrer une chose : L’idée selon laquelle on dépense beaucoup d’argent dans l’Espace est fausse. C’est un amalgame dans l’inconscient populaire entre la démesure de l’Univers et de ses caractéristiques, et les sommes consacrées à son observation ou son exploration. Finalement, les dépenses astronomiques de notre société ont bien lieu à la surface de notre planète. L’argent dispersé a torrents dans l’Espace est un mythe. Néanmoins, on ne peut que se désoler de voir régulièrement l’exploration spatiale jouer le rôle de bouc-émissaire dans les malheurs du monde.

Bon allez, réconcilions nous autour d’une bière et occupons-nous du chat.

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