Cinquième étoile

Ça y est ! George Lemaître, cinquième ATV, est amarré à la station spatiale internationale depuis le 12 août. Il restera ainsi, uni à Zvezda (le module russe à l’arrière de la station) pendant 6 mois environ.

ATV-5 lors de son approche finale – crédits photo NASA

Tout le monde au CNES s’accorde pour dire qu’on a jamais vu un rendezvous / amarrage aussi calme et aussi nominal. C’est dans une atmosphère très sereine que les équipes du centre de contrôle ATV à Toulouse ont amarré à l’heure pile et avec une précision millimétrique le module de ravitaillement européen.

Une journée bien longue pour moi, puisque j’ai pris position en console vers 6h du matin et jusqu’à 14h, avant de passer la main et d’assister à l’amarrage en tant que spectateur. J’ai adoré cet enchainement sur chaque mission. travail, spectacle,… cocktail !

L’équipe rendezvous au complet ! – Crédits photo Pascal Franchi

Et maintenant s’ouvre la période de « phase attachée » pendant laquelle le centre de controle ATV va être sollicité à de multiples reprises. Parmi ce qui est prévu, on trouve du réhaussement d’orbite, du controle d’attitude pour la station, des livraison d’air, d’eau, de carburant et du transfert de cargo.

Ma prochaine contribution sera demain, dimanche, pour la fermeture de l’écoutille de l’ATV.

« Hein, quoi ? Mais ils viennent pas juste de l’ouvrir ? »

Oui, mais lundi, une sortie dans l’Espace est prévue pour les astronautes russes, et les procédures de sécurité héritées de Mir pour ces sorties extra-véhiculaires requièrent la fermeture des écoutilles des vaisseaux visiteurs. Elle sera réouverte plus tard dans la semaine. J’essaierai de vous twitter quelques news si possible !

De l’écran bleu à la solution

Il y a trois ans, je me suis offert une configuration PC de qualité. J’ai passé beaucoup de temps à choisir les pièces une à une et j’ai pris un plaisir de dingue à monter tout ça comme un jouet Kinder Surprise.

« Hé bin mon geek, heureusement que j’étais pas là ce jour-là ! »

Une configuration dans laquelle figure un disque dur SSD crucial M4 de 128Go (M4-CT128M4SSD2) qui jusqu’à présent m’avait apporté entière satisfaction. Satisfaction le terme est faible : là ou je réinstallais tout tous les 6 mois sur mon ancienne machine, je n’ai jamais eu à « formater » mon PC actuel. Je ne suis même plus sûr de savoir comment on fait 🙂

Lorsque soudain… BSOD !

L’horrible écran bleu (BSOD, Blue Screen Of Death, pour les geeks) est apparu très fréquemment ces dernières semaines. J’en avais déjà eu mais pas autant… Il a fallu donc apprendre à analyser ces crashes. Une révolution pour moi qui ai toujours cru que seul un ingénieur Microsoft savait quoi en faire (et encore, pas sûr !). La découverte de BlueScreenView a été pour moi une petite révolution.

Interface de BlueScreenView

Grâce à ce logiciel et aux « dumps » créés lors de ces crash, il est possible de savoir quel élément de votre système à déclenché la foudre. Il ne reste plus qu’à isoler les fautifs, faire quelques recherches sur leur origine. Pilote, logiciel, etc. Pour ma part, avec le code d’erreur 0x000000f4 et ntoskrnl.exe. Une recherche sur internet plus tard, je comprends que soit ma mémoire, soit mon disque dur est en cause. Et comme j’avais déjà lourdement testé ma mémoire, j’ai fait des recherches sur mon SSD. C’est ainsi que j’appris l’horrible nouvelle, sur www.commentcamarche.net :

Avec le firmware d’origine du contrôleur, le Crucial m4 plante après 5200 heures de fonctionnement environ, entrainant le cas échéant un crash du système d’exploitation. 5200 h représente 7 mois d’utilisation continue, les premiers M4 ont été commercialisé en juin 2011, il est probable que beaucoup d’utilisateur non professionnel vont etre confronté au problème sous peu…. Le SSD continue en fait à fonctionner mais s’arretera toutes les heures après la première apparition du bug. La manifestation la plus courante est un BSOD avec le code 0x00000F4.

Mon SSD a un défaut de naissance ! Misère !

Heureusement, l’espoir renait car l’article est accompagné d’une solution : mettre à jour le firmware. Avant donc de me lancer dans la recherche d’un firmware à jour, je cherche à en savoir plus sur mon SSD, grâce à l’excellent SSDlife, lui aussi découvert pour l’occasion.

 

Capture de SSDlife avec mes aciens paramètres
Capture de SSDlife avec mes aciens paramètres

Je sais que la dernière version en date est la 070H. SSDlife m’annonce fièrement une version 0002. Pas de quoi bomber le torse. Un tour sur le site de crucial (les firmwares à télécharger sont classés dans « aide », là aussi ça aide pas mal ce genre de classement) et me voilà avec l’installeur du firmware… qui ne trouve pas de disque compatible. C’est vraiment la lose aujourd’hui.

Retour sur internet une nouvelle fois et là je comprends ce qui chargrine sans doute l’installeur : Ma carte mère est une Asus P8P67, elle possède plusieurs contrôleurs SATA, dont un est derrière une puce Marvell, réputée pas commode pour faire cette opération.

Ports SATA sur Carte Asus P8P67
Ports SATA sur Carte Asus P8P67

Et bien après ouverture du PC, changement de port SATA pour le SSD en le passant sur un controleur intel, redémarrage et installation du firmware, le calme est revenu, tout est bien qui finit bien… jusqu’au prochain BSOD !

Si je poste toute cette épopée geek très personnelle, c’est parceque j’espère que mon expérience pourra profiter à des personnes qui auraient le même problème… et tomberaient sur ces pages. En effet, cette carte mère et ce disque dur étaient plutôt populaires et bien vendus à l’époque : je suis presque sur que je ne suis pas le seul a avoir fait face à cette misère, et d’autres viendront ! A vous qui passez ici, ne perdez pas espoir : vous avez peut-être trouvé la solution.

En route vers l’ISS

Depuis son lancement le 30 juillet dernier, l’ATV a déjà complété une centaine de révolutions autour de la Terre. Nous travaillons jour et nuit ici au centre de contrôle ATV de Toulouse pour préparer Georges Lemaître à son amarrage à la station, toujours prévu le 12 août.

Le centre de contrôle ATV, peu de temps avant le lancement d’ATV-5 – crédits ESA

« Quoi ? 14 jours pour aller à l’ISS ? C’est si long ? »

Oui 14 jours, mais dans l’Espace on ne voyage pas en ligne droite… L’ISS a beau être à seulement 415 km au-dessus de nos têtes, elle voyage à une vitesse relative d’environ 28000 km/h. Imaginez monter dans un train en marche. Quelle sera votre méthode ? Foncer droit dessus, perpendiculairement au wagon pour parcourir la distance la plus courte possible (et donc tenter le carreau sur place), ou courir le long des voies pour sauter à bord ? La problématique est sensiblement la même pour ATV. Arriver au bon endroit, c’est bien mais c’est insuffisant : il faut y arriver avec la bonne vitesse. Et ça prend du temps de se placer le long de la voie !

Un train dans l’Espace (ou presque) !

De plus, passer d’une orbite à l’autre nécessite d’effectuer des manœuvres qui consomment du carburant. Et le carburant, c’est un bien précieux dans l’Espace, qu’on souhaite économiser le plus possible. Attendre les bonnes opportunités pour optimiser l’utilisation de ce carburant nous pousse à prendre notre temps.

Pendant ce temps, l’ATV doit être lui aussi préparé à son amarrage : le système de propulsion doit être purgé de tout l’hélium résiduel qui s’y trouve, la manœuvre d’évitement (qui permet à l’ATV de partir en urgence de la proximité de l’ISS en cas de problème) doit être testée, la sonde d’amarrage doit être sortie et plusieurs sous-systèmes doivent être passés au crible pour faire un état de santé du véhicule après son lancement. Bref, les équipes du centre de contrôle ne chôment pas !

Position PROTHEUS au Centre de contrôle ATV à Toulouse.
Position PROTHEUS au Centre de contrôle ATV à Toulouse.

Enfin, la contrainte la plus forte qui explique ces 14 jours de vol libre est programmatique : en effet, il n’existe que quelques fenêtres temporelles permettant à l’ATV de s’amarrer à la station ; cela ne peut pas se faire n’importe quand. De même, nous ne sommes pas le seul client d’Ariane à partir de Kourou, le planning du Centre Spatial Guyanais contraint donc également notre date de lancement. Finalement, le temps qu’on a entre les deux, c’est le temps qu’on veut bien nous laisser 🙂

 

La veillée d’armes

C’est pour chaque mission ATV le même sentiment, la veille du tir. Cette atmosphère étrange des veilles de dates importantes. Petit, c’était la veille de la rentrée des classes, la veille du départ en vacances sur la côte atlantique, la veille de Noël… Je ne sais pas si c’est un goût, une odeur, ou un autre sens qui s’éveille spécifiquement, mais à chaque fois il y a ce mélange de stress et d’excitation qu’il est très difficile de définir. Quelque chose qui se révèle lorsque l’on réalise que ce que l’on a attendu patiemment est enfin là. Le moment singulier où le présent rejoint le futur. L’équivalent sensoriel du passage du mur du son.

Ariane 5, et sa coiffe aux couleurs de la dernière mission ATV. (Credits: ESA–S. Corvaja, 2014)

Cette nuit, à 1h47 (heure en France métropolitaine) Ariane 5 arrachera à la Terre le dernier modèle d’ATV, pour une ultime mission de ravitaillement de la station spatiale internationale (live vidéo à suivre ici). Depuis hier, nous sommes passés en conditions de vol, avec des horaires aménagés pour permettre le travail de nuit. Les bureaux autour du centre de contrôle, d’habitude fourmillant de monde semblent désertés… Et pourtant tout le monde est sur le pont pour couvrir les 24 heures de chaque journée d’opérations. Dans les semaines qui viennent, nous nous croiserons parfois seulement 15 minutes par jour entre collègues, le temps de prendre la relève.

« Si tu travailles de nuit, nous c’est pareil, on va pas se voir souvent 🙁 ! »

Le centre de contrôle avant le lancement (Crédits ESA – C. Beskow 2014)

Tout est prêt au centre de contrôle. Le spectacle peut enfin commencer. Petit plaisir avant de se lancer dans cette campagne, Pascal, Lauriane et moi sommes au Classroom. C’est mon adresse préférée pour manger un hamburger sur Toulouse. Demain matin, Pascal et moi relèverons ensemble l’équipe LEOP, qui effectue les premières opérations sur l’ATV : mise en pression du système de propulsion, déploiement des panneaux solaires entre autres. Nous aurons de notre côté à effectuer les deux premières manœuvres d’élévation de l’orbite et la purge en hélium du système de propulsion.

Cette fois ci donc, la sensation de la veillée d’armes aura un goût. Celui de mon burger. Et j’adore ça.

Au dessus de nos têtes, l’ISS

Nos belles nuits d’été vont être encore l’occasion de voir passer l’ISS dans le ciel, un peu avant l’aube ou peu après le crépuscule. Ce qu’on peut voir du complexe orbital depuis le plancher des vaches, c’est un point très brillant, traversant la voute céleste en quelques minutes. Par temps clair, on peut la voir, même depuis les grandes villes, mais elle est souvent confondue avec un avion lorsque l’on ignore ce que c’est… A la différence près que sa lueur ne « clignote » pas !

Un passage de l’ISS dans le ciel reconstitué par l’assemblage de multiples prises de vue (d’ou les pointillés) © T. Credner & S. Kohle, AlltheSky.com

Pour prévoir ses passages, vous pouvez vous rendre sur www.heavens-above.com et rentrer vos coordonnées géographiques (ou bien utiliser directement ce lien, déjà paramétré pour les toulousains) Si vous êtes curieux, bien d’autres satellites sont visibles la nuit dans le ciel.

Il existe également quelques applications smartphones, avec parfois des interfaces plus conviviales (celle de Heavens Above est très riche mais assez austère aussi, j’en conviens). Une recherche par mot-clé avec « ISS » donnant de bons résultat dans les catalogues d’application disponibles.

« Hey Babe, elle vient juste de disparaitre au milieu du ciel !!! »

Oui, celà peut arriver ! En fait l’ISS ne produit pas sa propre lumière, elle réfléchit simplement la lumière du Soleil. Lorsque la station passe dans l’ombre de la Terre, cette lumière semble s’éteindre. l’ISS poursuit évidemment sa course, mais dans l’obscurité.

Au début je voulais faire un schéma pour expliquer. Et ça a donné ça. Désolé.
Au début je voulais faire un schéma pour expliquer. Et ça a donné ça. Désolé.

Le mois d’août sera l’occasion de voir passer successivement l’ISS et l’ATV, à quelque temps d’intervalle. L’amarrage du 12 août ne sera quant à lui malheureusement pas directement visible puisqu’il fera encore grand jour en France vers 17h.

A l’oeil nu, ce n’est certes qu’un point dans le ciel, mais lorsqu’on dispose du matériel adéquat, qu’on sait s’en servir, et qu’on a même les qualités pour le bidouiller un peu, on peut voir beaucoup plus ! En témoignent les clichés spectaculaires de Thierry Legault.

Prise de vue depuis le sol de la station spatiale lors de la mission ATV-2. Un astronaute est même visible sur le cliché ! Une première ! – (c) Thierry Legault

Pour avoir ce résultat, évidemment, il faut avoir un excellent niveau d’astrophotographie, et du matériel de qualité permettant de réaliser un suivi précis. Si vous vous lancez un jour là-dedans, n’oubliez pas qu’on ne progresse que petit à petit et que de telles images nécessitent un grande expérience du domaine. En conclusion de ce billet je vous conseille donc de vous balader sur le site de Thierry Legault (http://legault.perso.sfr.fr), qui est une véritable mine d’images époustouflantes.

 

A 10 jours de l’Espace

[Edit 21/07/2014 : Cet article est paru avant le report de tir – attention aux dates/heures qui ont donc changé]

C’est dans un peu moins de 10 jours que l’ATV5 – Georges Lemaître sera mis sur orbite par une Ariane 5 ES depuis le Centre Spatial Guyanais. L’occasion pour moi de vous présenter la mission en chiffres et en dates.

25/07/2014 3:41:03, heure de Toulouse

C’est l’heure précise à laquelle Ariane doit s’élever pour placer ATV5 sur sa première orbite.

Pour la mission précédente « Albert Einstein », Ariane a décollé le 5 juin 2013 – Crédit photo ESA/Arianespace

Le tir se fait sans fenêtre, ce qui veut dire que le moindre contretemps dans la chronologie finale est immédiatement sanctionné par un report de tir le lendemain. Cela vient du fait que pour optimiser l’utilisation du carburant embarqué à bord d’ATV, il faut viser une orbite initiale quasiment dans le même plan que l’orbite de l’ISS. L’orbite initiale étant conditionnée par le lieu du tir, cela ne peut se produire que lorsque la rotation de la Terre place Kourou dans le plan de la station, ce qui arrive deux fois par jour.

« Attends baby, tu prends tes lecteurs pour des jambons ! Juste au-dessus tu dis que c’est reporté au lendemain ! Pourquoi pas 12 heures plus tard, hein ? »

Pour des raisons de sureté ! Ariane 5 n’est tirée que vers le nord (le sud lui fait prendre une trajectoire trop au-dessus des zones habitées). Il n’y a donc finalement qu’une seule heure par jour pour lancer un ATV.

« Mouais… tu t’en sors bien ! »

Pour Georges Lemaître, on aura droit à un tir de nuit (22h41 en Guyane).

« Super. »

19 895 kg

Une fois séparé de l’EPS, l’étage supérieur d’Ariane, et de l’adaptateur mécanique conçu pour interfacer ATV avec l’EPS, Georges Lemaître affichera une masse de 19895 kg, ce qui est le nouveau record parmi la famille ATV.

l’EPS avec l’adapteur (anneau en noir) duquel se sépare ATV en début de mission. Crédits CNES/D.Ducros

C’est donc le plus « gros » vaisseau parmi les véhicules encore en activité qui desservent la station.

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Étrangement, c’est bien le 6ème rendez vous avec la station spatiale que nous allons réaliser au centre de contrôle de Toulouse. Et le 5ème amarrage.

Jules Verne « le débraillé », 11 m avant l’amarrage ! Arrivera, arrivera pas ? Crédits photo NASA

En effet, lors de la première mission Jules Verne, il a fallu démontrer aux partenaires internationaux (parmi lesquels figurent la NASA et Roscosmos, l’agence spatiale russe) que le système complet ATV était en mesure de réaliser les phases d’approche et aussi une manœuvre d’évitement de la station. Pour cette raison, et afin de montrer patte blanche, la première tentative était destinée à être une démo, qui n’aboutirait pas à un amarrage.

678

Ce compteur est pour l’instant à l’arrêt, car c’est le nombre de jours cumulés avec un ATV en orbite. Cette cinquième mission sera donc l’occasion pour le centre de contrôle de fêter les deux ans cumulés en orbite du programme. Reprise du compteur le 25 juillet donc.

A ce sujet, en cas d’insomnie pour pourrez suivre le lancement en direct depuis les sites suivants :

 

 

Papy Boom

« Baby on va voir un film ? Ma mère elle a dit que c’est vachement bien ! »

D’accord.

Affiche du film « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire »

Un film suédois, adapté d’un roman portant le même titre : « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire« . Je m’arrête un instant sur l’affiche pour saluer le graphiste qui a relevé le défi de faire rentrer le titre en entier sans occuper 100% de la surface. La machine à imprimer les tickets du Gaumont, a elle capitulé en créant un raccourci plutôt hasardeux. Le genre de ticket à pas laisser trainer sur son bureau.

Une abréviation pour le moins malheureuse...
Une abréviation pour le moins malheureuse…

Le film débute comme ces films ou l’on se dit : « mais qu’est-ce que je fous là ». Pendant la première minute, c’est un vieux, en train de caresser un  chat dans une cabane en bois qui semble perdue au milieu de la foret suédoise. L’angoisse du cliché de film d’auteur. Le chat passe l’arme à gauche, déboité par un renard. C’est triste. Heureusement, c’est précisément après cette première minute que le film commence à partir en saucisse (clin d’oeil) pour notre plus grand plaisir. Je ne raconterai rien de la suite (et je vous invite à éviter de regarder la bande-annonce, qui en dit trop) : c’est drôle et on passe un bon moment, c’est tout ce que vous avez besoin de savoir !

Image tirée du film

Quand je vois un film qui me plait comme celui-là j’aime le rapprocher d’autres films qui m’ont plu. Là, j’y ai clairement trouvé du Forrest Gump et du Big Fish. Le genre d’histoire complètement improbable qu’on adore se laisser raconter alors même qu’on est adulte, tellement la mécanique de son récit est fascinante. En VO ça va parler suédois en majorité, mais aussi anglais et quelques autres langues aussi (vous verrez bien !), du coup la VF passe sans doute à côté de quelque chose, encore une fois.

Un film à voir avec quelques références historiques (somme toute assez communes) pour pouvoir être pleinement apprécié. Comme pour toute adaptation de roman, vous pourrez lire ça et là dans les critiques que le film est tantôt fidèle au livre tantôt tout l’inverse, mais finalement, on lit ça sur tous les films. En modeste spectateur je ne peux vous dire qu’une chose : j’ai passé un très bon moment et il m’a donné envie de lire le livre. A ce titre, je le considère comme une double réussite.

Home sweet home !

Et voilà !

Grâce à l’ami Pascal, Orbite#8 a désormais sont propre nom de domaine et un serveur tout propre sur lequel tourner ! Du coup, fini les bricolages du premier post pour faire rentrer au chausse-pied un wordpress sur un site perso Free. Maintenant, c’est du 100% orginal et ça soulage pas mal, notamment au niveau de la gestion des mises à jour.

« Il est sympa, Pascal ! »

Côté migration, c’est un jeu d’enfant ! En effet, WordPress permet d’exporter la quasi-totalité du blog vers un fichier xml à réimporter dans la nouvelle mouture. Ne pas supprimer l’ancien site tout de suite : les images et medias inclus dans les posts seront téléchargés dans le nouveau site automatiquement à l’import !

Quelques point à paramétrer soi-même ensuite :

  •  L’image du bandeau de titre
  •  Le sous-titre du blog
  •  Le thème WordPress
  •  Les utilisateurs
  •  Ménage à faire sur le post et la page test créées par défaut.

Bref ! Je suis très content de ma nouvelle maison, et ça vaut le coup de faire un peu de pub pour un ami alors si vous avez besoin d’un site, je vous invite à vous rendre sur Zone2Creation pour trouver votre bonheur !

L’argent de l’Espace

Quand on travaille dans l’industrie spatiale, et qu’on vient à parler de ce que l’on fait dans la vie, on tombe de temps en temps sur un gentil troll, qui explique qu‘avec tout l’argent qu’on met dans l’Espace, on pourrait régler nos problèmes sur Terre, hein, à commencer par les problèmes de famine dans le monde. Je vous propose donc un petit argumentaire chiffré que je me fais un plaisir de ressortir à chaque fois que le besoin s’en fait sentir, quitte à péter un peu l’ambiance en soirée.

money

En tant que citoyen français, on ne peut pas trop décider du budget de la NASA ou des agences spatiales russe et chinoise. Limiter le chiffrage au cas français semble donc raisonnable (et on obtient sensiblement les mêmes résultats quoi qu’il en soit). Le budget du CNES en 2012 s’est élevé à 1911 M€, dont 1466 provenant du financement de l’État français et 445 provenant de contrats externes. Je vous le fais au total à environ 2 milliards d’euros. Pour comparaison, le budget de la NASA la même année a tourné autour de 19 milliards de dollars. Et vous n’êtes pas sans savoir que le budget de la NASA n’est pas le seul consacré à l’Espace aux Etats-Unis, puisque l’US Air Force y consacre de son côté 6 petits milliards… officiellement. Mais à la limite, tout ça on s’en fout, c’est pour notre culture.

Revenons à nos 2 milliards d’euros bien français consacrés à l’Espace. Ce qui devient très intéressant, c’est lorsqu’on compare cette somme « astronomique » aux dépenses des français la même année. L’INSEE produit de jolis tableaux bien rigolos qui permettent de mettre en rapport ce que sont 2 milliards d’euros dans le monde d’aujourd’hui.

La bière est à l’honneur cher lecteur ! En effet d’après l’INSEE, les français ont dépensé en 2012 1943 M€ en bières… soit sensiblement la même somme que celle consacrée au programme spatial français, contribution à l’ESA incluse. Santé !
Donc finalement, faire une croix sur la bière a le même poids que couper purement et simplement les vivres au spatial. L’économie réalisée est la même ! Et ne me dites pas (à moins de ne pas payer d’impôt) que la comparaison ne tient pas car l’argent public ne viendrait pas de votre poche.

Vas-y pour la boire avec ton casque, maintenant, gros malin !
Vas-y pour la boire avec ton casque, maintenant, gros malin !

Encore mieux : rangez vos jetons, tapis vert et autres lotos et vous économisez près de 9 milliards d’euros, soit 4,5 fois le budget annuel du CNES. La cigarette ? 19 milliards, soit près de 10 fois le pécule orbital !

Mais… attendez… le problème c’était la faim dans le monde, non ? Filons directement au rayon alimentation ! On peut s’amuser d’abord du montant de la ligne  « Sucre, confiture, miel, chocolat et confiseries », affichant fièrement 12 milliards d’euros, soit 6 fois notre somme de référence. Mais passons plutôt directement au total, hors boisson de la catégorie alimentation : 142 milliards d’euros. Le budget du CNES représente 1,4% de cette somme.

Toutes, proportions gardées, si le budget du CNES est représenté par la distance Soleil-Mercure, alors le reste de la distance jusqu'à Neptune correspond aux dépenses des français en denrées alimentaires.
Toutes, proportions gardées, si le budget du CNES est représenté par la distance Soleil-Mercure, alors le reste de la distance jusqu’à Neptune correspond aux dépenses des français en denrées alimentaires.

Mais j’ai encore mieux, et ça marche d’autant plus que la personne qui vous trolle possède un animal domestique. Le budget chien & chats ! Avec 7 milliards d’euros, je vous fait la totale, acquisition du toutou, services vétérinaires, alimentation, accessoires. 3,5 fois le budget du CNES. Pour nourrir et soigner des chats. Et on vient me parler de faim dans le monde…

« Oui, euh, baby tu déconnes hein. Nous aussi on a un chat et je crois pas qu’on soit des criminels ! »

Non, en effet, et ce n’est pas mon propos. Au travers de cette mise en perspective, volontairement provocatrice, je veux simplement montrer une chose : L’idée selon laquelle on dépense beaucoup d’argent dans l’Espace est fausse. C’est un amalgame dans l’inconscient populaire entre la démesure de l’Univers et de ses caractéristiques, et les sommes consacrées à son observation ou son exploration. Finalement, les dépenses astronomiques de notre société ont bien lieu à la surface de notre planète. L’argent dispersé a torrents dans l’Espace est un mythe. Néanmoins, on ne peut que se désoler de voir régulièrement l’exploration spatiale jouer le rôle de bouc-émissaire dans les malheurs du monde.

Bon allez, réconcilions nous autour d’une bière et occupons-nous du chat.

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Y’a quelqu’un ?

J’ai eu la chance de rencontrer brièvement cette semaine Alexandre Astier, et j’en menais pas large ! En effet, il est venu s’entretenir avec les agents du GEIPAN, et a fait un petit crochet par le centre de controle ATV. Un moment inoubliable pour nous…

J’ai bien tenté une timide petite vannette mais évidemment j’ai pas fait le poids 🙂

« Bon, c’est pas tout de venir nous piquer des infos à droite à gauche, mais il va falloir assurer pour votre grand oral à Blagnac en janvier 2015, parceque nous on sera là pour vous écouter ! »

« Bin, grand oral pas tellement : Je pourrai dire ce que je veux puisque je ne serai pas évalué. »

Affiche du prochain spectacle d’Alexandre Astier

Il a raison monsieur Astier. Moi aussi je vais vous dire ce que je pense de la vie extra-terrestre, et je me moque des conséquences et des déchirures de l’Espace-Temps !

« Baby, tu te calmes ! »

On va pas s’éterniser à définir le concept de vie extra-terrestre, tout le monde sait ce que c’est : ça veut dire créature humanoïde intelligente, possédant un superbe engin volant chromé avec un bas de caisse lumineux façon tuning de malade. Particularité partagée avec Big foot et le monstre du Loch Ness : quand ils rentrent dans le cadre d’un appareil photo, la mise au point fout systématiquement le camp, et les photos sont donc toujours floues. Ce genre d’extra-terrestre a également pris l’habitude de parcourir des années-lumière pour venir se cacher dix minutes derrière un buisson dans les ardennes, et parfois piquer une vache avant de repartir pour le même périple odysséen sans même passer par la boutique souvenir.

Pour les pisse-froid comme moi, une version un peu plus austère du concept se contente d’une définition un peu moins anthropomorphique. Ou une sorte de méduse géante, c’est déjà vachement bien. Une forme de bactérie, c’est encore moins exigeant ! En fait, pourquoi ne pas partir sur la définition du vivant attribuée à la NASA : « Est vivant tout système délimité sur le plan spatial par une membrane semi-perméable de sa propre fabrication et capable de s’auto-entretenir, ainsi que de se reproduire en fabriquant ses propres constituants à partir d’énergie et/ou à partir d’éléments extérieurs ». 

Si on observe notre propre histoire, qui est malheureusement à ce jour l’unique expérience d’apparition de la vie dans l’Univers que nous connaissons (et encore), on se rend compte que tout est une affaire d’ingrédients et d’environnement. Il n’y a donc absolument aucune raison pour qu’une autre planète, tournant autour d’une autre étoile et bénéficiant de ces mêmes conditions suffisamment longtemps ne devienne pas elle aussi un foyer de vie. Statistiquement, avec le nombre d’étoiles et de planètes que l’Univers observable semble contenir, la question de la vie extra-terrestre est vite réglée : oui, elle existe très probablement. C’est même une quasi-certitude au sens des probabilités.

La vraie question sur laquelle tout le monde s’écharpe est finalement celle-ci : « L’apparition de la vie est-elle un évènement exceptionnel ou bien banal dans l’Univers ?« . Et pour répondre à cette question, il faudrait pouvoir détecter de la vie ailleurs. Ou ne pas en détecter avec certitude. Le but des missions martiennes est d’ailleurs de vérifier si les conditions requises à l’apparition de la vie sont suffisamment souples pour avoir permis à Mars d’abriter de la vie (même basique) pendant un temps. En fait, c’est même la réponse à cette question qui conditionne les chances que nous avons de détecter un jour de la vie sur une autre planète que la notre.

Mars Science Laboratory : une mission d’exploration martienne passionnante !

Le problème c’est que même si l’on parvenait à trouver de la vie ailleurs que dans le système solaire, nous serions incapables de nous rendre sur place pour l’étudier, compte-tenu du temps de trajet qu’il nous faudrait. La moindre petite étoile est déjà distante de nous d’un océan de vide aussi large qu’hostile. On peut toujours compter sur « le progrès futur » (si on est du XXème siècle), mais il faudrait plusieurs révolutions dans notre compréhension de la Physique et des lois qui semblent régir le fonctionnement de l’Univers pour envisager celà. C’est donc à la fois peu probable et de toutes façons pas avant très (trop) longtemps.

L’humanité est donc aujourd’hui dans cette situation absurde, où elle sait que la vie existe très probablement ailleurs dans l’Univers, mais que dans l’hypothèse ou l’on pourrait détecter un nouveau foyer, elle serait dans l’incapacité physique (compte tenu des distances) d’établir un lien avec cet autre monde. Quelle ironie. Ainsi je ne m’étonne pas qu’Alexandre Astier, maître de l’ironie et de l’absurde s’attaque à ce thème dans son prochain spectacle. Que j’irai voir, car je suis certain qu’il parlera de tout celà (et de plus) mieux que moi.

[Ajout du 29/04/2014] Encore quelques personnes qui en parlent mieux que moi : https://lejournal.cnrs.fr/articles/ils-ont-imagine-un-autre-monde . Merci à @Florence Porcel pour le lien !