Cinquième étoile

Ça y est ! George Lemaître, cinquième ATV, est amarré à la station spatiale internationale depuis le 12 août. Il restera ainsi, uni à Zvezda (le module russe à l’arrière de la station) pendant 6 mois environ.

ATV-5 lors de son approche finale – crédits photo NASA

Tout le monde au CNES s’accorde pour dire qu’on a jamais vu un rendezvous / amarrage aussi calme et aussi nominal. C’est dans une atmosphère très sereine que les équipes du centre de contrôle ATV à Toulouse ont amarré à l’heure pile et avec une précision millimétrique le module de ravitaillement européen.

Une journée bien longue pour moi, puisque j’ai pris position en console vers 6h du matin et jusqu’à 14h, avant de passer la main et d’assister à l’amarrage en tant que spectateur. J’ai adoré cet enchainement sur chaque mission. travail, spectacle,… cocktail !

L’équipe rendezvous au complet ! – Crédits photo Pascal Franchi

Et maintenant s’ouvre la période de « phase attachée » pendant laquelle le centre de controle ATV va être sollicité à de multiples reprises. Parmi ce qui est prévu, on trouve du réhaussement d’orbite, du controle d’attitude pour la station, des livraison d’air, d’eau, de carburant et du transfert de cargo.

Ma prochaine contribution sera demain, dimanche, pour la fermeture de l’écoutille de l’ATV.

« Hein, quoi ? Mais ils viennent pas juste de l’ouvrir ? »

Oui, mais lundi, une sortie dans l’Espace est prévue pour les astronautes russes, et les procédures de sécurité héritées de Mir pour ces sorties extra-véhiculaires requièrent la fermeture des écoutilles des vaisseaux visiteurs. Elle sera réouverte plus tard dans la semaine. J’essaierai de vous twitter quelques news si possible !

De l’écran bleu à la solution

Il y a trois ans, je me suis offert une configuration PC de qualité. J’ai passé beaucoup de temps à choisir les pièces une à une et j’ai pris un plaisir de dingue à monter tout ça comme un jouet Kinder Surprise.

« Hé bin mon geek, heureusement que j’étais pas là ce jour-là ! »

Une configuration dans laquelle figure un disque dur SSD crucial M4 de 128Go (M4-CT128M4SSD2) qui jusqu’à présent m’avait apporté entière satisfaction. Satisfaction le terme est faible : là ou je réinstallais tout tous les 6 mois sur mon ancienne machine, je n’ai jamais eu à « formater » mon PC actuel. Je ne suis même plus sûr de savoir comment on fait 🙂

Lorsque soudain… BSOD !

L’horrible écran bleu (BSOD, Blue Screen Of Death, pour les geeks) est apparu très fréquemment ces dernières semaines. J’en avais déjà eu mais pas autant… Il a fallu donc apprendre à analyser ces crashes. Une révolution pour moi qui ai toujours cru que seul un ingénieur Microsoft savait quoi en faire (et encore, pas sûr !). La découverte de BlueScreenView a été pour moi une petite révolution.

Interface de BlueScreenView

Grâce à ce logiciel et aux « dumps » créés lors de ces crash, il est possible de savoir quel élément de votre système à déclenché la foudre. Il ne reste plus qu’à isoler les fautifs, faire quelques recherches sur leur origine. Pilote, logiciel, etc. Pour ma part, avec le code d’erreur 0x000000f4 et ntoskrnl.exe. Une recherche sur internet plus tard, je comprends que soit ma mémoire, soit mon disque dur est en cause. Et comme j’avais déjà lourdement testé ma mémoire, j’ai fait des recherches sur mon SSD. C’est ainsi que j’appris l’horrible nouvelle, sur www.commentcamarche.net :

Avec le firmware d’origine du contrôleur, le Crucial m4 plante après 5200 heures de fonctionnement environ, entrainant le cas échéant un crash du système d’exploitation. 5200 h représente 7 mois d’utilisation continue, les premiers M4 ont été commercialisé en juin 2011, il est probable que beaucoup d’utilisateur non professionnel vont etre confronté au problème sous peu…. Le SSD continue en fait à fonctionner mais s’arretera toutes les heures après la première apparition du bug. La manifestation la plus courante est un BSOD avec le code 0x00000F4.

Mon SSD a un défaut de naissance ! Misère !

Heureusement, l’espoir renait car l’article est accompagné d’une solution : mettre à jour le firmware. Avant donc de me lancer dans la recherche d’un firmware à jour, je cherche à en savoir plus sur mon SSD, grâce à l’excellent SSDlife, lui aussi découvert pour l’occasion.

 

Capture de SSDlife avec mes aciens paramètres
Capture de SSDlife avec mes aciens paramètres

Je sais que la dernière version en date est la 070H. SSDlife m’annonce fièrement une version 0002. Pas de quoi bomber le torse. Un tour sur le site de crucial (les firmwares à télécharger sont classés dans « aide », là aussi ça aide pas mal ce genre de classement) et me voilà avec l’installeur du firmware… qui ne trouve pas de disque compatible. C’est vraiment la lose aujourd’hui.

Retour sur internet une nouvelle fois et là je comprends ce qui chargrine sans doute l’installeur : Ma carte mère est une Asus P8P67, elle possède plusieurs contrôleurs SATA, dont un est derrière une puce Marvell, réputée pas commode pour faire cette opération.

Ports SATA sur Carte Asus P8P67
Ports SATA sur Carte Asus P8P67

Et bien après ouverture du PC, changement de port SATA pour le SSD en le passant sur un controleur intel, redémarrage et installation du firmware, le calme est revenu, tout est bien qui finit bien… jusqu’au prochain BSOD !

Si je poste toute cette épopée geek très personnelle, c’est parceque j’espère que mon expérience pourra profiter à des personnes qui auraient le même problème… et tomberaient sur ces pages. En effet, cette carte mère et ce disque dur étaient plutôt populaires et bien vendus à l’époque : je suis presque sur que je ne suis pas le seul a avoir fait face à cette misère, et d’autres viendront ! A vous qui passez ici, ne perdez pas espoir : vous avez peut-être trouvé la solution.

En route vers l’ISS

Depuis son lancement le 30 juillet dernier, l’ATV a déjà complété une centaine de révolutions autour de la Terre. Nous travaillons jour et nuit ici au centre de contrôle ATV de Toulouse pour préparer Georges Lemaître à son amarrage à la station, toujours prévu le 12 août.

Le centre de contrôle ATV, peu de temps avant le lancement d’ATV-5 – crédits ESA

« Quoi ? 14 jours pour aller à l’ISS ? C’est si long ? »

Oui 14 jours, mais dans l’Espace on ne voyage pas en ligne droite… L’ISS a beau être à seulement 415 km au-dessus de nos têtes, elle voyage à une vitesse relative d’environ 28000 km/h. Imaginez monter dans un train en marche. Quelle sera votre méthode ? Foncer droit dessus, perpendiculairement au wagon pour parcourir la distance la plus courte possible (et donc tenter le carreau sur place), ou courir le long des voies pour sauter à bord ? La problématique est sensiblement la même pour ATV. Arriver au bon endroit, c’est bien mais c’est insuffisant : il faut y arriver avec la bonne vitesse. Et ça prend du temps de se placer le long de la voie !

Un train dans l’Espace (ou presque) !

De plus, passer d’une orbite à l’autre nécessite d’effectuer des manœuvres qui consomment du carburant. Et le carburant, c’est un bien précieux dans l’Espace, qu’on souhaite économiser le plus possible. Attendre les bonnes opportunités pour optimiser l’utilisation de ce carburant nous pousse à prendre notre temps.

Pendant ce temps, l’ATV doit être lui aussi préparé à son amarrage : le système de propulsion doit être purgé de tout l’hélium résiduel qui s’y trouve, la manœuvre d’évitement (qui permet à l’ATV de partir en urgence de la proximité de l’ISS en cas de problème) doit être testée, la sonde d’amarrage doit être sortie et plusieurs sous-systèmes doivent être passés au crible pour faire un état de santé du véhicule après son lancement. Bref, les équipes du centre de contrôle ne chôment pas !

Position PROTHEUS au Centre de contrôle ATV à Toulouse.
Position PROTHEUS au Centre de contrôle ATV à Toulouse.

Enfin, la contrainte la plus forte qui explique ces 14 jours de vol libre est programmatique : en effet, il n’existe que quelques fenêtres temporelles permettant à l’ATV de s’amarrer à la station ; cela ne peut pas se faire n’importe quand. De même, nous ne sommes pas le seul client d’Ariane à partir de Kourou, le planning du Centre Spatial Guyanais contraint donc également notre date de lancement. Finalement, le temps qu’on a entre les deux, c’est le temps qu’on veut bien nous laisser 🙂