Archives de catégorie : Jeu vidéo

Winter is coming

Voilà quelques mois maintenant que je suis le développement de The Long Dark, un jeu vidéo issu d’un studio indépendant. Il était en promo sur steam pour les fêtes de fin d’année, à 10€ seulement, et c’est encore le cas jusqu’au 4 janvier ! J’insiste sur ce point car le jeu est actuellement en accès anticipé,  sa sortie finale est prévue pour le printemps et l’éditeur a d’ores et déjà annoncé que son prix augmenterait (déjà 20€, hors soldes steam !) donc j’en profite pour vous en parler un peu ici, car je crois que c’est vraiment la bonne affaire à faire ce week-end.

De la neige, des loups, la nuit et la nature sauvage du Canada. Et vous.

Si The Long Dark m’a enthousiasmé, c’est qu’il renoue avec la tradition du jeu vidéo « punitif ». Je mets ce terme entre guillemets, car on l’utilise de plus en plus pour qualifier certaines mécaniques de jeu, avec un sens fin parfois variable. Par punitif, on entend que le jeu est sans concession : vos erreurs ne seront parfois pas rattrapables, comme dans la vraie vie. Dans The Long Dark, votre unique but est la survie, dans une nature polaire en proie à un cataclysme « magnéto-climatique ». Un truc du genre. Bref, le pourquoi n’est pas très important. Ce qui compte c’est ce que vous déciderez de faire pour survivre. Et votre survie dépendra de vos choix ! Si vous mourrez, vous mourrez, il n’y a pas de sauvegarde. Vous pouvez recommencer depuis le début !

Bon sang ! Un phare ! Viiiiite !
Bon sang ! Un phare ! Viiiiite !

Vous démarrez avec très peu d’équipement, et souvent au milieu de nulle part. Pas de système de boussole/GPS à la GTA V, pas d’heure du jour précise, et une capacité de mouvement et d’inventaire loin d’un dragonborn sous stéroïdes. (Avant de me faire troller, je précise que j’adore ces jeux également, hein !). L’interface elle-même est totalement débarrassée d’indicateurs, de HUD. L’immersion est totale ! Ce qui est intéressant, c’est que dans ce contexte, les notions de survie en nature vous seront d’un grand secours pour définir vos priorités. Tout n’est pas réaliste, bien sûr (notamment le comportement des loups, solitaires et prompts à attaquer dans le jeu), mais la vraisemblance est suffisante pour donner cette impression de liberté que recherchent tous les mordus de mondes ouverts.

Un lever de soleil libérateur
Un lever de soleil libérateur

Le jeu est magnifique, malgré sa 3D très simple. Aubes flamboyantes, crépuscules angoissants et voute étoilée sont des spectacles à part entière. Le lever de soleil et les teintes saumon d’une nature glacée sont d’autant plus appréciables après avoir survécu à une nuit dehors, dans le blizzard au son des hurlements de loup… A jouer avec un système son au poil, donc !

Faire son sac avec soin est crucial. La par exemple, y'a de la place à faire !
Faire son sac avec soin est crucial. La par exemple, y’a de la place à faire !

Pour finir si vous décidez de vous lancer dans cette aventure, voici quelques conseils de survie adaptés à The Long Dark. Votre première priorité : trouver un abri ! Au milieu de la nature, pas facile de se repérer. Guettez les signes d’activité humaine pour trouver un abri. routes, voies ferrées, arbres coupés, etc. Par défaut, cherchez à descendre le lit des rivières et les vallées pour retrouver la civilisation… enfin plutôt ce qu’elle a laissé derrière elle. L’eau est une ressource vitale, gérez votre stock et ne buvez que de l’eau préalablement bouillie ou désinfectée ! Ne vous aventurez dans le blizzard que si c’est votre dernier recours : si vous vous perdez vous mourrez très certainement. Couvrez le plus de distance possible au matin, pour explorer les environs et ramener votre pitance. Tant que vos ressources vous le permettent, revenez dans votre point de chute avant la tombée de la nuit. Profitez des dernières heures du jour pour refaire votre réserve d’eau, réparer votre équipement et faire votre sac en prévision du lendemain. Planifiez le jour de votre départ de votre point de chute avant de venir à bout de toutes vos ressources. Vous ne pourrez pas rester au même endroit éternellement… Et évitez les bêtes sauvages affamées en observant toujours tout autour de vous et en guettant leurs bruits.

Un foyer ! Un élément clé pour cuire vos aliments, faire fondre de la neige et stériliser votre eau potable
Un foyer ! Un élément clé pour cuire vos aliments, faire fondre de la neige et stériliser votre eau potable

Bref, si votre mamie vous a donné 10 euros à Noël, c’est le moment de se faire plaisir intelligemment 🙂 Le jeu est pour l’instant intégralement en anglais, utilisant un style très abordable. Si vous aviez la bonne résolution de vous y mettre, c’est combo ! Bonne année 2016 à toutes et à tous et bonne survie !

 

Quittez la Terre !

Je viens de tomber sur un truc magique grâce à jeuxvideo.com et son excellente chronique Pause Process. Il s’agit d’une application PC faisant office de planétarium géant et s’appelant Space Engine.

SpaceEngine

Cette application gratuite est développée par Vladimir Romanyuk et est disponible en téléchargement sur son site. Une fois installée, elle vous propose d’évoluer dans l’Univers à travers notre système solaire jusqu’à de lointaines galaxies. Ce n’est pas un jeu à proprement parler car il n’y a pas de but, aucun critère à remplir pour gagner, aucun obstacle qui pourrait vous faire perdre. Non, c’est juste une balade parmi les planètes et les étoiles, destinée aux rêveurs et aux curieux.

Capture d'écran de Space Engine

Comment est-il possible d’explorer ainsi des planètes lointaines dont nos astronomes n’ont eux-même pas connaissance ? Et bien c’est simple : Parmi les objets présents, on retrouve certes l’intégralité du catalogue Hipparcos, mais le reste de l’univers présenté dans ce logiciel n’existe que dans la mémoire de votre ordinateur, puisqu’il est généré de manière procédurale. En clair, en suivant les quelques recettes de cuisine cosmique que l’on peut déduire de l’observation de notre univers réel, Vladimir Romanyuk a mis en place des algorithmes permettant de créer un univers plausible, avec ses galaxies, ses étoiles ses planètes.

Un exemple de planète chaude et habitable générée par le logiciel
Un exemple de planète chaude et habitable générée par le logiciel

Space Engine est encore en développement, mais il propose déjà beaucoup de fonctionnalités intéressantes : les outils de recherche sont bien pensées, les caractéristiques des objets sont affichables, une version française de l’interface est disponible, ainsi que la possibilité de capturer des photos ou des vidéos de votre périple.

Voilà en plus de la balade du week-end un moyen d’échapper un instant à la lourde actualité de ce début d’année.

 

 

Civilization prend de la hauteur

Cette semaine a été annoncé la sortie à l’automne prochain de Civilization: Beyond Earth. Cet opus fait suite aux précédents volets de la saga Civilization, une des plus connues de l’univers du jeu vidéo de stratégie tour-par-tour.

www.civilization.com

Cette annonce a été assortie de la publication d’un trailer en plusieures langues, dont voici la version française :

Premier aperçcu disponible sur le site de l’éditeur.

Même s’il faudra attendre un peu pour juger de la qualité de ce que 2K games et Firaxis nous préparent, je ne peux que me réjouir de cette annonce. Et ce à double titre :  Premièrement, ça parle d’exploration planétaire et donc d’espace. Ensuite, c’est un jeu de plus dans une saga que j’adore. Civilization, c’est intelligent et fun.

« Tu dis ça baby, mais à chaque fois que tu commences une partie, tu traites tes bonhommes de glandus au bout de 15 minutes ! »

Oui. Bon. Bin j’ai dit que j’aimais ces jeux, pas que j’y jouais super bien, non ?

Sinon, chose amusante, on se rend compte que la licence du jeu utilise l’imagerie spatiale pour faire sa promotion, et notamment le look de la cupola, ce module d’observation de la station spatiale internationale :

Comparaison entre le visuel du jeu et la vraie Cupola montée sur ISS
Comparaison entre le visuel du jeu et la vraie Cupola montée sur ISS

Ainsi, cet élément construit par Thales Alenia Space pour le compte de l’ESA devient un symbole du vol habité dans la pop culture contemporaine. Je trouve ça plutôt classe, une belle réussite pour l’Europe.

La suite à l’automne prochain !

 

Au fil des saisons

Les sites spécialisés dans l’univers du jeu vidéo ont souvent déclaré que le jeu de gestion était mort. En effet ce style plutôt délaissé par les éditeurs n’a pas été au top de sa forme ces derniers temps. La faute à des étrons trop empressés à vider les poches des joueurs (SimCity – version 2013) ? Un manque de fraicheur ?

Difficile de dire si cette catégorie est effectivement vouée à l’extinction, mais en tous cas, une éclaircie vient percer ce paysage bien gris, un petit miracle du jeu indépendant, nommé Banished.

Ecran d’accueil du jeu

Banished ne vous fixe aucun but, ce qui peut paraitre un peu déroutant. Le seul but du jeu c’est celui que vous vous décidez de fixer. Croitre et s’étendre ? Survivre le plus longtemps ? Vivre en auto-suffisance totale ? A vous de décider de ce que vous ferez de la petite communauté de gens qui vous est confié en début de partie.

Banished : un style rural-américain du début du XXe siècle

Les premières heures de jeu : la claque de fraicheur.

Quasiment pas d’interface, des graphismes simples mais beau, pas de système monétaire (tout est affaire de travail ou de troc), une nature vivante et un cycle des saisons tout simplement magnifique et au cœur du gameplay, quand on lance Banished, on a en a presque la larme à l’œil. C’est beau. c’est frais. Ça donne envie de courir cul-nu dans les champs de blé. A vitesse normale une année s’écoule en une heure. Chaque saison dure donc 15 minutes, et pour l’hiver, ça peut paraitre long, surtout quand on a l’œil rivé sur le stock de bois de chauffage et de nourriture.

Le cycle des saisons, par Kasper_Hviid

« Baby ! J’ai vu à la télé dans ‘Silence ça pousse’ qu’il fallait pas planter deux fois la même chose au même endroit d’année en année. »

Et bien dans Banished ça marche aussi. Planter toujours la même chose au même endroit et vous allez épuiser le sol, ou multiplier les chances de voir vos récoltes ravagées par des nuisibles. Le principe de la jachère est par exemple très efficace. Faire preuve d’un minimum de culture agricole et de bon sens vous servira grandement ! Méfiez-vous de la surpêche, apprenez à comprendre quelles ressources se renouvellent et à quel rythme. Rien n’est expliqué ou presque, vous allez devoir découvrir les règles du jeu en jouant, lâché dans la nature, au propre comme au figuré.

 Apprendre de ses erreurs

Un des aspects très intéressants du jeu c’est qu’il faut apprendre de ses erreurs. A l’heure ou les jeux ont plus tendance à flatter le joueur pour lui procurer du plaisir, ce procédé un peu old school fait du bien. Oubliez de constituer un stock d’alimentation pour l’hiver et c’est la famine assurée ! Oubliez d’affecter suffisamment de fermiers, votre stock en pâtira, famine aussi comme résultat ! Pas de forgeron ? -> pas d’outil à disposition des fermiers -> pas d’efficacité dans les champs -> pas assez de nourriture produite -> famine en hiver. Par effet d’avalanche, une petite erreur peut vous couter très cher, il faudra donc être dégourdi pour anticiper un maximum, et sécuriser la mécanique de votre petite communauté.

http://media.pcgamer.com/files/2013/12/banished.jpg
Vous pourrez faire construire de véritables petits villages avec un peu de maitrise !

 

Le syndrome du « à quoi bon »

Le seul problème avec Banished, c’est qu’on est tellement libre de fixer des objectifs que finalement, se motiver pour les atteindre peu paraitre difficile. En ce qui me concerne, j’y ai finalement joué un mois avant de le délaisser. Et voilà un autre mois que je n’y ai pas joué. Une campagne de missions aurait pu peu-être prolonger un peu sa durée de vie.  Maintenant sur le premier mois je l’avoue, j’ai du vraiment y passer mes journées.

« Je confirme. »

Alors finalement, il faut acheter ou pas ?

Mon conseil c’est d’attendre un peu une éventuelle remise sur steam, sauf si comme moi vous êtes en manque de city-builder / gestion. Il vous en coutera actuellement 20 euros, ce qui me semble un tout petit peu cher pour le contenu offert. Attention également, le jeu est uniquement en anglais, et la traduction n’est pas prévue autrement que par un groupe de passionnés qui attendent le kit de modding produit par le développeur du jeu. Car oui, même si ça ne change rien à la qualité intrinsèque du jeu, c’est bien une seule personne qui a tout fait ici. Et rien que pour cela, ça mérite bien un petit coup de pouce.

Faut-il craquer pour The Elder Scrolls Online ?

C’est la question que je me suis posé à l’issue de la campagne de test de la version Bêta de The Elder Scrolls Online, le nouveau MMORPG.

Ayant eu la main sur le jeu lors des dernières sessions de test, j’ai pu me faire un avis. La sortie du jeu est prévue pour le 4 avril, et je ne l’achèterai pas. Voici pourquoi. The Elder Scrolls Online

Tout d’abord, il faut bien comprendre que ce choix est personnel, et que le jeu n’est pas mauvais, loin de là. Mais au prix du jeu (55 euros affichés, 47 en promo) et de son abonnement (13 euros par mois), pour moi, le compte n’y est pas.

Mon expérience de la campagne de bêta test est très contrastée : j’ai eu l’impression d’avoir dans les mains un jeu quasiment fini, plutôt joli (sans être exceptionnel), avec plein d’endroits à explorer. J’ai eu aussi l’impression que la fin de la campagne bêta avec la levée du NDA était vraiment un coup marketing de génie pour faire fonctionner le bouche-à-oreille, ou plutot le tweet-à-follower. Sincèrement, je trouve ça très bien vu de la part des éditeurs.
Aperçu de Daguefilante

Alors pourquoi ne pas craquer ? Et bien déjà parce que j’ai un problème avec les abonnements. Je sais bien que pour offrir du contenu, il faut payer des gens pour maintenir des serveurs, injecter des nouvelles idées dans l’univers, etc. Mais désolé, 13 euros ça me parait vraiment être très loin de la valeur que j’estime être une juste rétribution pour le divertissement que m’apporte le jeu. Surtout que question divertissement, il y a de quoi faire la moue.

Et c’est là le cœur du problème : finalement peu importe le prix, je me suis ennuyé. A mourir. Je me souviens avoir trouvé Morrowind long et austère au début, quand mon cousin me l’avait montré. Mais une fois l’immersion faite dans cet univers, tout m’avait paru fantastique, exaltant ! La magie avait opéré également pour Oblivion et surtout pour Skyrim.

« Mais… Baby, c’est pas ton jeu avec les dragons ?… Si ?… »

Bin oui, moi aussi j’ai vraiment eu l’impression de jouer à autre chose. Quelque chose comme du Guildwars aromatisé à la sauce Elder Scrolls.

Je vais être clair : le facteur central de la réussite de la série, c’est l’immersion que crée son ambiance, son univers. Même la lenteur de l’action participe à cette alchimie. C’est à chaque fois l’histoire dont vous êtes le héros. Le seul. L’univers de TESO est malheureusement surpeuplé de filles peu vêtues et de guerriers en slip faisant la queue devant chaque PNJ pour accomplir une quête comme on composterait un billet de train. Finalement, on se sent insignifiant et noyé dans la foule, à l’inverse de l’aventure solitaire que chaque autre opus de la série proposait.

Le pire, c’est que là ou l’on pouvait prendre son temps dans les Elder Scrolls et admirer la beauté de l’univers qui avait été construit pour accueillir notre aventure, on est pris dans TESO par cet amusant phénomène social qu’est le syndrome de l’escalator parisien : Tout le monde court pour accomplir ses quêtes, alors on fait pareil, sans trop savoir pourquoi, en éludant les dialogues, en laissant tomber la lecture des livres, et en suivant bêtement les indicateurs sur la carte, sans trop se préoccuper de ce qu’il y aura à faire une fois arrivé à destination.

Bizarrement, ce qui semble avoir le plus contrarié les joueurs dans ces phases de tests, ce sont les problèmes liés à l’accomplissement des quêtes – bugs, objectifs qui ne s’activent pas, absence de l’ennemi à pourfendre sur le lieu de rendez-vous…

Exemple de monstre qui ne "pop" pas.

Finalement, avoir ce genre de sit-in n’est pas très bon pour l’immersion non plus, mais n’est pas très grave : la gestion des événements est quelque chose qui se corrige a posteriori. C’est de l’ordre du détail à régler après la sortie du jeu. Le fait qu’on se concentre sur ce genre de problème est finalement plutôt un bon signe : on en est pas à se lamenter sur l’erreur 37 / 33 de l’infâme Diablo III.

C’est un peu ça qui est rageant : il n’y a pas grand chose à reprocher à TESO techniquement, mais la magie n’opère simplement pas.

Finalement, ayant fait mon choix, si j’ai à conseiller des amis je leur demanderais ce qu’ils pensent des MMOs. Et je conseillerais TESO à tous les amateurs de ce genre, sans hésiter. Mais être simplement amateur de la série des Elder Scrolls ne suffit pas… malheureusement pour moi.