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Papy Boom

« Baby on va voir un film ? Ma mère elle a dit que c’est vachement bien ! »

D’accord.

Affiche du film « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire »

Un film suédois, adapté d’un roman portant le même titre : « Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire« . Je m’arrête un instant sur l’affiche pour saluer le graphiste qui a relevé le défi de faire rentrer le titre en entier sans occuper 100% de la surface. La machine à imprimer les tickets du Gaumont, a elle capitulé en créant un raccourci plutôt hasardeux. Le genre de ticket à pas laisser trainer sur son bureau.

Une abréviation pour le moins malheureuse...
Une abréviation pour le moins malheureuse…

Le film débute comme ces films ou l’on se dit : « mais qu’est-ce que je fous là ». Pendant la première minute, c’est un vieux, en train de caresser un  chat dans une cabane en bois qui semble perdue au milieu de la foret suédoise. L’angoisse du cliché de film d’auteur. Le chat passe l’arme à gauche, déboité par un renard. C’est triste. Heureusement, c’est précisément après cette première minute que le film commence à partir en saucisse (clin d’oeil) pour notre plus grand plaisir. Je ne raconterai rien de la suite (et je vous invite à éviter de regarder la bande-annonce, qui en dit trop) : c’est drôle et on passe un bon moment, c’est tout ce que vous avez besoin de savoir !

Image tirée du film

Quand je vois un film qui me plait comme celui-là j’aime le rapprocher d’autres films qui m’ont plu. Là, j’y ai clairement trouvé du Forrest Gump et du Big Fish. Le genre d’histoire complètement improbable qu’on adore se laisser raconter alors même qu’on est adulte, tellement la mécanique de son récit est fascinante. En VO ça va parler suédois en majorité, mais aussi anglais et quelques autres langues aussi (vous verrez bien !), du coup la VF passe sans doute à côté de quelque chose, encore une fois.

Un film à voir avec quelques références historiques (somme toute assez communes) pour pouvoir être pleinement apprécié. Comme pour toute adaptation de roman, vous pourrez lire ça et là dans les critiques que le film est tantôt fidèle au livre tantôt tout l’inverse, mais finalement, on lit ça sur tous les films. En modeste spectateur je ne peux vous dire qu’une chose : j’ai passé un très bon moment et il m’a donné envie de lire le livre. A ce titre, je le considère comme une double réussite.

Y’a quelqu’un ?

J’ai eu la chance de rencontrer brièvement cette semaine Alexandre Astier, et j’en menais pas large ! En effet, il est venu s’entretenir avec les agents du GEIPAN, et a fait un petit crochet par le centre de controle ATV. Un moment inoubliable pour nous…

J’ai bien tenté une timide petite vannette mais évidemment j’ai pas fait le poids 🙂

« Bon, c’est pas tout de venir nous piquer des infos à droite à gauche, mais il va falloir assurer pour votre grand oral à Blagnac en janvier 2015, parceque nous on sera là pour vous écouter ! »

« Bin, grand oral pas tellement : Je pourrai dire ce que je veux puisque je ne serai pas évalué. »

Affiche du prochain spectacle d’Alexandre Astier

Il a raison monsieur Astier. Moi aussi je vais vous dire ce que je pense de la vie extra-terrestre, et je me moque des conséquences et des déchirures de l’Espace-Temps !

« Baby, tu te calmes ! »

On va pas s’éterniser à définir le concept de vie extra-terrestre, tout le monde sait ce que c’est : ça veut dire créature humanoïde intelligente, possédant un superbe engin volant chromé avec un bas de caisse lumineux façon tuning de malade. Particularité partagée avec Big foot et le monstre du Loch Ness : quand ils rentrent dans le cadre d’un appareil photo, la mise au point fout systématiquement le camp, et les photos sont donc toujours floues. Ce genre d’extra-terrestre a également pris l’habitude de parcourir des années-lumière pour venir se cacher dix minutes derrière un buisson dans les ardennes, et parfois piquer une vache avant de repartir pour le même périple odysséen sans même passer par la boutique souvenir.

Pour les pisse-froid comme moi, une version un peu plus austère du concept se contente d’une définition un peu moins anthropomorphique. Ou une sorte de méduse géante, c’est déjà vachement bien. Une forme de bactérie, c’est encore moins exigeant ! En fait, pourquoi ne pas partir sur la définition du vivant attribuée à la NASA : « Est vivant tout système délimité sur le plan spatial par une membrane semi-perméable de sa propre fabrication et capable de s’auto-entretenir, ainsi que de se reproduire en fabriquant ses propres constituants à partir d’énergie et/ou à partir d’éléments extérieurs ». 

Si on observe notre propre histoire, qui est malheureusement à ce jour l’unique expérience d’apparition de la vie dans l’Univers que nous connaissons (et encore), on se rend compte que tout est une affaire d’ingrédients et d’environnement. Il n’y a donc absolument aucune raison pour qu’une autre planète, tournant autour d’une autre étoile et bénéficiant de ces mêmes conditions suffisamment longtemps ne devienne pas elle aussi un foyer de vie. Statistiquement, avec le nombre d’étoiles et de planètes que l’Univers observable semble contenir, la question de la vie extra-terrestre est vite réglée : oui, elle existe très probablement. C’est même une quasi-certitude au sens des probabilités.

La vraie question sur laquelle tout le monde s’écharpe est finalement celle-ci : « L’apparition de la vie est-elle un évènement exceptionnel ou bien banal dans l’Univers ?« . Et pour répondre à cette question, il faudrait pouvoir détecter de la vie ailleurs. Ou ne pas en détecter avec certitude. Le but des missions martiennes est d’ailleurs de vérifier si les conditions requises à l’apparition de la vie sont suffisamment souples pour avoir permis à Mars d’abriter de la vie (même basique) pendant un temps. En fait, c’est même la réponse à cette question qui conditionne les chances que nous avons de détecter un jour de la vie sur une autre planète que la notre.

Mars Science Laboratory : une mission d’exploration martienne passionnante !

Le problème c’est que même si l’on parvenait à trouver de la vie ailleurs que dans le système solaire, nous serions incapables de nous rendre sur place pour l’étudier, compte-tenu du temps de trajet qu’il nous faudrait. La moindre petite étoile est déjà distante de nous d’un océan de vide aussi large qu’hostile. On peut toujours compter sur « le progrès futur » (si on est du XXème siècle), mais il faudrait plusieurs révolutions dans notre compréhension de la Physique et des lois qui semblent régir le fonctionnement de l’Univers pour envisager celà. C’est donc à la fois peu probable et de toutes façons pas avant très (trop) longtemps.

L’humanité est donc aujourd’hui dans cette situation absurde, où elle sait que la vie existe très probablement ailleurs dans l’Univers, mais que dans l’hypothèse ou l’on pourrait détecter un nouveau foyer, elle serait dans l’incapacité physique (compte tenu des distances) d’établir un lien avec cet autre monde. Quelle ironie. Ainsi je ne m’étonne pas qu’Alexandre Astier, maître de l’ironie et de l’absurde s’attaque à ce thème dans son prochain spectacle. Que j’irai voir, car je suis certain qu’il parlera de tout celà (et de plus) mieux que moi.

[Ajout du 29/04/2014] Encore quelques personnes qui en parlent mieux que moi : https://lejournal.cnrs.fr/articles/ils-ont-imagine-un-autre-monde . Merci à @Florence Porcel pour le lien !